le musée

dimanche 18 avril 2010
par  thierry theolier
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L’ambiance festive d’une ville frontière de montagne au moment du rattachement de la Savoie à la France et du percement du premier tunnel ferroviaire, au son des pianos mécaniques. Un musée original qui raconte un passé émouvant dans un décor aux couleurs chatoyantes. Pianos mécaniques- Vidéos- témoignages audio- photos- espace de danse …

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En 1871, à Modane, les travaux du percement du tunnel ferroviaire du Fréjus s’achèvent, et c’est une première mondiale. En quatorze ans, on a réussi à percer plus de 12 km dans une roche dure, grâce à l’ingénieur Germain Sommeiller qui perfectionne la perforatrice pneumatique à air comprimé. La Savoie est devenue française en 1860, et Modane, au débouché de ce tunnel, devient une nouvelle ville frontière française, ainsi qu’une gare internationale de prime importance.

On construit des forts et on installe des garnisons pour surveiller la frontière. Douaniers et cheminots, français et italiens travaillent et habitent à Modane. Les décennies qui suivent voient la population de la ville augmenter sans cesse : 2000 militaires, 600 cheminots, 80 cafés... Les voyageurs de la Malle des Indes croisent les trains d’immigrants italiens qui viennent tenter leur chance en France ou en Amérique.

La ville résonne des voix françaises et italiennes, des mélodies de bastringue des pianos à manivelle de fabrication locale, des sifflets des trains à vapeur, des chanteuses parisiennes qui viennent se produire dans les cabarets locaux, des industries telles que les rizeries, où l’on traitait non seulement le riz piémontais mais également le riz asiatique débarqué à Gênes… On compare volontiers le Modane du début du XXe siècle à une petite ville du Far West.

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Les pianos automatiques ici présentés font partie d’une collection acquise en 1984 par le Conseil Général de la Savoie. Après étude et restauration, leur répertoire a pu être enregistré. Instrument rustique réalisé par des facteurs de province ­– sa conception le situe entre l’orgue de barbarie et le piano pneumatique – le piano mécanique à cylindre a été produit entre 1880 et 1935. L’essor de celui-ci, présent dans les cafés, hôtels et restaurants, bateaux, accompagne les débuts de la diffusion musicale pour tous, et s’éteint à l’avènement du disque. Désiré Jorio commence par importer, de Turin et Novare, instruments finis et pièces détachées qu’il fait assembler à Modane. 100 pianos y sont produits en 1898. Sous la pression du renforcement des frais d’importation, il transfère progressivement son activité à Chambéry pour créer la Manufacture de Pianos Automatiques de Buisson-Rond, qui connut son apogée vers 1925. Seule fabrique importante de la région, elle rivalisait avec celles du pays niçois, comme Nallino, Amélotti et Foray et Storace, qui produisaient entièrement plusieurs centaines de pianos par an et des pièces détachées pour les assembleurs et revendeurs.

La plupart des manufacturiers, de Savoie ou de Nice, entretenaient d’étroites relations avec l’Italie et recrutaient des employés spécialisés formés dans les grandes fabriques italiennes (Cuconato à Turin, Ottina et Pellandi à Novare). Plusieurs d’entre eux créèrent ensuite leur propre atelier et sont représentés dans la collection sous les noms de Zino à Chambéry, Zanelli à Aix-les-Bains, Angel Racca à Gaillard. L’adaptation des danses populaires et des succès parisiens de l’époque aux contraintes de l’instrument était le fait d’arrangeurs ou de compositeurs locaux, alors que les noteurs, rattachés aux fabriques,déterminaient le piquage des cylindres pour chaque modèle de piano. Dédiés à la danse, les pianos mécaniques ont assuré la diffusion des œuvres des compositeurs de music hall en vogue : Vincent Scotto, Maurice Yvain, José Padilla, Auguste Bosc, Raoul Moretti,…Leur répertoire fait la part belle aux valses, fox-trot, one step, java, polka, mazurka, et dans une moindre mesure charleston, scottisch, marche et même quelques tangos. Ces airs que les arrangeurs signaient de leur nom d’artiste n’avaient souvent qu’une parenté lointaine avec leurs modèles, mais leurs mélodies entraînantes et leurs titres évocateurs firent danser et rêver plusieurs générations.


Ouvert à l’année Mardis et mercredis : de 15h à 19h Jeudis, vendredis et samedis : de 10h à 12h et de 15h à 19h (Ouvert aussi les dimanches de 15h à 19h en juillet et août) Fermeture annuelle mi novembre

Tarifs : Adultes plein tarif : 4,5 euros / pass musée : 3 euros Enfants plein tarif : 3 euros / pass musée : 2 euros Enfants moins de 7ans : gratuit Tous les samedis, tarif réduit à 2 euros Visite en famille ou en groupe : à partir de 4 personnes : 2 euros par personne.

Traductions écrites de la visite en : anglais, allemand, italien, néerlandais, espagnol et polonais.

Accès handicapé Parking bus

Le Museobar, 42 rue de la république (face aux gares) 73500 MODANE Tel : 04 79 59 64 23 www. museobar.com info@museobar.com


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