Extraits de l’exposition temporaire

Jusqu’à fin février 2018 : "14/18, des Mauriennais témoignent"

A l’occasion de la dernière année du centenaire de la guerre "14/18" nous présentons à nouveau l’exposition réalisée à partir de souvenirs et lettres d’habitants de notre vallée. 20 panneaux d’exposition accompagnés de livrets à consulter sur place dans lesquels ont retrouve la retranscription de lettres de poilus des environs de Modane.

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Le musée et son association avaient commencé en 2008 (pour les 90 ans de l’armistice) à recueillir des lettres et photos de poilus d’ici. Depuis, d’autres documents s’y sont ajoutés et Xavier Lett a illustré chaque panneau d’aquarelles originales. A travers des extraits de lettres, des photos et autres documents, cette exposition vous invite à rencontrer des poilus d’ici, la vie des familles à l’arrière mais aussi Ernest le Modanais italien sur le front, les quatre frères de Saint Colomban, les fils des familles de Saint André émigrées en Australie, le témoignages de réfugiés Serbes, les lettres de Pierre de la Praz à sa femme italienne et bien d’autres encore...

Extraits :

« Le 5 3 15 Tu me demandes si je suis en première ligne, voui, j’ai 124 jours de première ligne, les tranchées nous sommes à 300 mètres d’eux. Mais je me fais pas de bile pour ça. Je n’ai pas de chance, on est deux mariés dans les (cordes), les autres sont de vieux garçons, ils sont sans souci. » Pierre Bernardet de la Praz Coll. Bouchet-Micholin

Wallumbilla le 10 avril 1915 (Australie) « … Quelle triste période que nous passons, moi, je n’aurais pas eu d’ennuis pour cela, aucun de mes fils étaient obligés de partir. Il a fallu que Lucien ait pris l’idée de s’engager pour la guerre. Il est à Brisbane en train d’apprendre l’exercice, il doit partir pour la France dans le courant du mois de mai. » Famille de saint André émigrée en Australie Coll. Giai

« 26 octobre 1915 La lutte continue avec acharnement beaucoup de ceux qui sont au front depuis le début, n’ont jamais vu de boucherie pareille, les boches s’acharnent pour reconquérir les positions que nous leur avons prises. Je n’avais encore jamais vu pleurer les officiers, c’est horrible. Mais nous tiendrons quand même. Le bonjour à toute la famille Ton frère qui t’embrasse bien fort Régis » Famille Mercier de St André

“ 2 avril 1916 A propos, tu m’apprends qu’à l’usine ils embauchaient beaucoup des filles et des femmes pour faire certains travaux d’hommes, c’est-à-dire autour de l’aluminium. En somme, je veux le croire que ça doit faire la joie de tout le monde, en voyant cette équipe de travailleuses, et surtout relativement chinées. Tout de même, comme il y a déjà eu du changement pendant cette cruelle guerre etc. Lucien Mercier.” Famille de st André

Sans date (certainement septembre 1916 : attaque du secteur de San Grado le 15 septembre 1916) « Par grâce de Dieu et N.Dame du Charmaix je me trouve en très bonne santé. (…) La besogne a été rude, j’ai passé des moments terribles, indescriptibles, incroyables, enfin tout est passé... » « Comme vous avez dû lire sur les journaux les hauteurs et le sanctuaire de San Grado sont en notre possession et je fus de la partie, un des premiers. Je vous assure que "ça a chauffé" et mes supérieurs m’ont tous complimenté pour ma belle conduite. » Ernesto Tempo Famille italienne de Modane

Modane-Fourneaux le 14 octobre 1918 Cher Marcel, Je te remercie de ta jolie carte je la garderai en souvenir de toi. Je t’en envoie une qui n’est peut-être pas si jolie mais qui exprime bien notre joie car d’après les journaux d’aujourd’hui je crois que c’est bientôt la fin, qu’elle chance si cela pouvait être vrai quelle bombe. Mme Clappier dit qu’elle met vingt francs au champagne, tu peux revenir les poilus seront portés en triomphe. » Hortense Ratel, marraine de guerre de Marcel bouvier qui deviendra maire de Fourneaux coll. R. Ratel